FRANCE

LES SPORTS DE SALLE EN DÉTRESSE ; JEAN-PIERRE SIUTAT : "SI ON PEUT JOUER, ON NE VA PAS S'ARRÊTER"

JeanPierre Siutat
Crédit photo : Christophe Canet

Réunis jeudi à Paris, au siège du CNOSF, les présidents des Fédérations de sports de salle ont tiré la sonnette d'alarme, en direction de l'État, d'un secteur mis à mal depuis de nombreux mois en raison de l'arrêt de toute activité. Beaucoup d'entre eux redoutent une saison blanche et s'inquiètent aussi pour l'avenir.

SOS, sport de salle en détresse ! L'image est rare voire unique mais les circonstances le valent bien. À l'initiative des présidents du "BHV" - Basket, Handball, Volley - l'ensemble des représentants des sports de salle, une quinzaine, s'est réunie jeudi, pour une conférence de presse au siège du Comité Nationale Olympique et Sportif Français (CNOSF) afin d'alerter l'État sur la situation financière très inquiétante dans toutes ces disciplines depuis le début de la pandémie. Un véritable cri d'alarme, de détresse de tous ces acteurs, dans le but d'exercer une pression sur le ministère, alerter les pouvoirs publics pour qu'on leur vienne en aide. Que ce soit du judo, de la lutte, de la boxe, du tennis de table, de la gymnastique et d'autres disciplines, tous ont perdu une bonne partie de leur licencié(e)s et donc des parts financières. "On ne voit pas le bout du tunnel" s'accable Éric Tanguy, le président de la Fédération de Volley, "on a pris un uppercut" image André Martin, son homologue à la boxe. Les sports de combats sont sans doute les plus impactés. "Ça n'intéresse pas les enfants de faire du judo sans contact et derrière un écran" déclare Stéphane Nomis, "on est en mode survie". Les dojos n'ont d'ailleurs pas réouverts depuis un an. Tous, aussi, constatent les nombreux enfants partir vers des sports extérieurs.

"C'est un peu notre dernier recours"

Au micro, Nadir Allouache, président de la fédération de kick-boxing, interpelle les services de l'état. "J’espère que cette conférence pourra porter ses fruits, parce que c’est un peu notre dernier recours. On ne compte plus les dizaines de courriers envoyés au ministère, au gouvernement, les lettres ouvertes, les visioconférences, et à l’arrivée on a eu quoi ? Rien. À part un peu de chômage partiel mais ce n’est pas suffisant. On leur dit quoi à nos enfants quand ils nous demandent quand ils pourront revenir ? Depuis le mois de décembre, le ministère et le gouvernement nous ont totalement oubliés".

2,2 millions de licencié(e)s en souffrance, des bénévoles découragés, des inquiétudes pour la saison prochaine sur le plan économique, tous attendent des réponses de la part du gouvernement et réclament la création d'un fond de soutien direct pour les fédérations. Si la création de masques sportifs est dans sa phase terminale, la reprise des entraînements, des compétitions n'a pas été évoquée, tous redoutent une saison blanche. "Nous allons disputer dans les six prochains mois le match le plus important de nos vies", prévient Philippe Bana, président de la Fédération de handball.

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Concernant le basket, la Fédération a perdu presque 10 millions d'euros sur le budget prévisionnel, et a vu logiquement son nombre de licencié(e)s baisser, presque 20% par rapport à l'année dernière. Interrogé juste après cette conférence de presse qui a duré 1h30, Jean-Pierre Siutat, président de la Fédération Française de Basket et à l'origine de cette assemblée, assure ne pas vouloir, pour l'heure, stopper la saison et prépare déjà des futures alternatives en cas de reprise : 

Est-ce qu'une date limite de la reprise des championnats amateurs de basket est fixée ?

Jean-Pierre Siutat : "Il y a deux choses qu'il faut comprendre : la première c'est qu' il y a toutes les divisions semi-professionnelles et professionnelles féminines qui jouent toujours. La LFB et LF2 ont passé ce cap et iront à leur terme. Pour ce qui est des divisions inférieures féminines et des championnats à partir de la NM2 masculine, c'est très disparate. Il y en a qui ont avancé et veulent continuer, d'autres n'ont jamais commencé et veulent passer à autre chose. On prendra une décision au mois de mars. On veut basculer sur un autre type de compétition. Ca sera soit des plateaux, soit du 5x5, soit du 3x3. On va répondre aux clubs d'ici mi-mars. Des réunions vont être organisées et on saura excatement, à ce moment-là, ce que l'on fera sur le plan sportif et économique. Aujourd'hui, seule la Fédération est en capacité de savoir ce qu'on fait sur le plan économique. On avisera aussi avec les comités départementaux."

Donc le 5x5, 3x3 ou des plateaux sont les scénarios posés sur la table en cas de reprise ?

"Oui et on a conscience que ceux qui n'ont pas du tout démarré la saison n'iront pas loin... Après ce qu'on sait c'est qu'il y a des gens qui veulent jouer. Donc il y a deux solutions : soit on ferme tout et on repart l'année prochaine, soit on essaie de leur proposer des alternatives intéressantes. On est aussi là pour proposer des pratiques compétitives et non compétitives. Comme je l'ai dit, il y a des gens qui veulent reprendre la compétition mais sous quelle forme ? Le schéma traditionnel de la compétition ne se fera pas cette saison. Aujourd'hui, en Guadeloupe, ça joue. Pourquoi on ne jouerait plus ici ?"

"On prône encore la patience et on prendra une décision prochainement"

De votre point de vue, vous avez le sentiment que beaucoup de clubs amateurs ont perdu l'espoir d'une hypotéthique reprise ?

"Il y a de tout. Sur notre "pseudo non-décision" comme on le qualifie dans les médias, on a eu pas mal de retours positifs, car l'espoir d'une reprise est toujours présent. D'autres non et pensent que chacun voit midi à sa porte. Il y a des équipes qui ont déjà joué 30-35% de leur saison, qui sont bien classées aujourd'hui et ont l'opportunité de monter, chose qui n'était pas le cas l'an passé car on avait pris une décision. Si elles arrivent à 50% des matchs joués cette saison, et imaginons qu'elle s'arrête juste derrière, ces équipes pourront monter. Donc si on leur avait dit là "on stoppe tout", on nous aurait dit quoi ? Donc si on peut jouer, on ne va pas arrêter et prendre une décision ferme. Si on arrête tout, on ne pourra pas faire machine arrière, c'est important de bien le préciser. En NM1, il y aura des montées et descentes, en NM2 ils veulent absolument jouer et il y a des projets intéressants."

Mais vous comprenez la frustration voire la colère de tous ces petits clubs qui attendent une décision ferme ? Qu'elle soit positive ou négative...

"Il y a 4 000 clubs en France, on organise 600 000 matchs par an, c'est quoi la solution pour satisfaire tout le monde ? On se fait engueuler à droite, à gauche, dans les médias, comme BeBasket, et alors ? Où est la solution ? On a pris une décision l'an passée, responsable par ailleurs, à hauteur d'une saison disputée à 75%. Cette année, on est loin de ce chiffre. On prône encore la patience et on prendra une décision prochainement qu'on assumera pleinement."

les-sports-de-salle-en-detresse---jean-pierre-siutat----si-on-peut-jouer--on-ne-va-pas-s-arreter-1614344388.jpg L'ensemble des présidents des Fédération ont exprimé leur désarroi au CNOSF (photo : AS)

À Paris (XIIIe arrondissement), 

 

 

26 février 2021 à 15:28
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