JEEP ÉLITE

ITW JEAN-DENYS CHOULET (PARTIE 1) : "MON BUT ULTIME DANS LA VIE ? GAGNER TROIS TITRES AVEC TROIS CLUBS DIFFÉRENTS"

JeanDenys Choulet Elan Chalon 201617 Sébastien Grasset 1
Crédit photo : Sébastien Grasset

Actuellement sans club, Jean-Denys Choulet "trouve le temps long" mais se dit prêt à reprendre un club. Avec le rêve de réaliser quelque chose d'inédit en Ligue Nationale de Basket : être champion de France dans un troisième club. Entretien.

C'est une incône du championnat de France. Mais cette saison, Jean-Denys Choulet n'a pas de club. Le technicien a quitté l'Elan Chalon au printemps dernier après six saisons passées au sein du club bourguignon. En attendant de retrouver un poste, qu'il souhaite en Jeep ELITE, le double champion de France suit avec assiduité l'actualité du basketball français. Voici la première partie de notre entretien, avant la suite (à lire ce vendredi 6 décembre.

Bonjour Jean-Denys. Tout d'abord, comment allez-vous ?

Je vais bien, j'ai profité de cette période d'inactivité pour faire pas mal de travaux chez moi. Cela faisait 16/17 ans que je n'avais rien fait dans la maison, ça m'a permis de le faire. Maintenant j'ai fini depuis un mois donc j'aimerais retrouver autre chose que des travaux de maison, plutôt des travaux de basket (rires).

D'accord, vous êtes retourné vivre à Roanne n'est-ce pas ?

Oui, c'est ça, juste à côté dans un petit village, à Pouilly les Nonains. J'avais gardé cette maison après avoir fini avec Roanne... et je la garderai tout le temps d'ailleurs.

J'imagine que vous suivez activement le basket, vous allez voir des matchs ? Vous les suivez à la télé ? Comment faites-vous ?

Oui je regarde des matchs, je vais en voir quand je peux, je me tiens au courant d'un peu tout. Je décortique les systèmes de jeu des équipes, je les mets en mémoire dans mon ordinateur comme ça j'ai déjà pas mal de systèmes de jeu.

"Si Emmanuel Brochot était revenu à Roanne..."

J'imagine que vous êtes attentif à ce qu'il se passe sur le marché des entraîneurs. Vous cherchez un projet qui vous correspond ou vous n'êtes pas encore pressé ?

Ah non, moi je suis prêt. Je ne peux pas rester inactif très longtemps. Après il y a des coachs qui sont en place, il faut attendre que les décisions soient prises d'un côté comme de l'autre. Mais on ne peut pas souhaiter du mal à des gens pour prendre leur place.

J'ai eu quelques contacts - même plus que ça - avec Roanne, mais ce n'était pas un projet qui honnêtement m'intéressait vraiment actuellement, c'est surtout un projet qui est compliqué. J'ai rencontré le futur président de Roanne, également le maire de Roanne. J'y serais allé avec plaisir mais il y a aussi des moments où il faut réfléchir un peu plus loin que le cœur, et se dire qu'il faut aller dans quelque chose avec un projet, un projet pas trop, trop compliqué. Et actuellement à Roanne, ce n'est pas très simple avec le budget qu'ils ont, le manque de moyens financiers pour renforcer l'équipe. Ils ont fait avec les moyens du bord, il y a eu l'éviction de Laurent Pluvy que personne n'a trop bien compris. Honnêtement pour moi, ce n'était pas le bon moment pour revenir à Roanne et je n'ai pas souhaité, ma famille non plus, revenir à Roanne. Je pense que le président actuel (Daniel Perez), qui était déjà là quand j'y étais, n'avait pas vraiment envie que je revienne non plus. Il se trouve que la population de Roanne voulait vraiment que je revienne...

Je vais être très clair avec vous, je suis quelqu'un qui dit ce qu'il pense, je suis assez honnête dans ma façon de voir les choses et dire les choses... Si Emmanuel Brochot était revenu au club avec moi, volontiers. Sans Emmanuel Brochot, c'est compliqué, il y a quand même des efforts financiers à faire pour permettre à l'équipe de se maintenir, ce n'est pas perdu, mais ça va être difficile.

Pour vous, avec la situation, ne serait-ce que sportive, avec le budget et l'effectif en place, les trois descentes également, il était trop compliqué de pouvoir mener à bien l'objectif maintien et de se projeter sur l'avenir ?

Non, non, ce n'est pas exactement ça. Parce que compliqué... Vous savez on a été champion de France avec Roanne en 2007 avec le 14e budget, donc ce n'est pas ça. C'est de se dire : quel est le projet ? Ok, si on se maintient, OK. Quel est l'avenir, que faire derrière ? Comment voulez-vous voir le club avancer ? C'est ça qui est intéressant pour moi. 10 ans en arrière je n'aurais pas eu ce discours là, maintenant j'ai la possibilité d'attendre un peu, j'ai un peu d’expérience, j'ai un objectif dans ma vie, qui ne cadre pas complètement avec Roanne... Cela aurait pu. Roanne, c'est mon club de cœur, j'ai passé 6 ans à Chalon, 11 ans à Roanne. On a fait des trucs incroyables ici. Les gens se rappellent encore bien de moi, beaucoup de marques de sympathie me sont données quand je vais aux matchs, ou que je me balade chez moi. Cette année, c'est compliqué. Pas seulement pour une question de budget. Il faut se dire "on va où ? On fait quoi ?" Si c'est pour faire un coup comme ça, à mon âge ça ne m’intéresse pas.

Là, vous n'avez pas senti quelque chose de concret ? Quelque chose qui vous a stimulé ?

Il y a une urgence, c'est de se maintenir. Si ça descend en Pro B, est-ce qu'il y a la volonté de faire quelque chose derrière ? Je ne sais pas. Honnêtement, je vous le dis, je ne sais pas. Il y a un président qui risque de partir, un autre qui arrive, c'est prévu, ce n'est pas du tout des sanctions. Donc j'ai un peu discuté avec le "futur" président. Il y a beaucoup de choses à faire à Roanne, à développer. Pour le moment c'était compliqué, et pas forcément parce qu'il n'y a pas d'argent, ce n'est pas ça qui me fait marcher. Simplement maintenant j'aime bien savoir où on va, où je vais mettre les pieds, et qu'est ce qu'on va en faire. Si c'est faire un coup pour un coup, ce n'est pas trop mon truc actuellement.

Vous avez parlé d'Emmanuel Brochot, je peux me tromper mais on évoquait des relations tendues vers la fin de votre passage à Roanne avec lui. Vous venez de dire que s'il était revenu, vous aussi. C'est que ça s'est réglé entre vous ?

Oui tout à fait, je suis resté 11 ans à Roanne. Ce n'est pas un record car il y a quelqu'un d'indéboulonnable en France, c'est Pascal Donnadieu... Les problèmes rencontrés avec Manu Brochot ne venaient pas spécialement de Manu Brochot mais plutôt de l'entourage. Ce qui explique aussi le pourquoi de mon non-retour. Avec Manu Brochot on est amis, on se voit le dimanche midi, on voit un petit verre de Bourgogne ensemble. Il est très occupé en ce moment, il a pris une dimension énorme dans le monde entrepreneurial. On aurait été content d'y aller ensemble, lui il ne peut pas, pour différentes raisons, également pour quelques mésententes également avec les gens en place. Il me disait que si je revenais j'allais péter un plomb car il y aurait beaucoup à refaire. Je pense qu'avec Emmanuel, on aurait pu en faire quelque chose de bien s'il avait été motivé comme moi j'aurais pu l'être.

Avec la remontée en Jeep ÉLITE, on sentait une petite effervescence à Roanne, la salle s'est de nouveau remplie, avec les succès, le jeu proposé par les équipes de Laurent Pluvy... Tout ceci n'est-il pas dommage ?

Ce n'est pas à moi de dire ce qu'il s'est passé. Oui l'éviction de Laurent Pluvy n'a pas été très bien comprise par tout le monde. Je n'ai pas envie de parler de cela, mais pour moi il y a eu des choses mises en place qui ne sont pas très claires. Laurent Pluvy a fait du bon travail ici, il a fait remonter le club. Même si effectivement, il y a une construction d'équipe qui laisse à désirer quand même. A mon avis, la construction d'équipe n'était peut-être pas assez sérieuse. Quand je dis sérieuse, ce n'est pas dans le travail. Il y a peut être une méconnaissance de la Jeep ÉLITE et de la différence qu'il y a entre la Jeep ÉLITE et la Pro B. Je pense qu'il y a des joueurs de Pro B qui sont capables de franchir le cap et je pense qu'il y a quelques fois des joueurs de Pro B qui ont du mal à passer le cap. Ça se retrouve un peu cette année. Le quota d'américains n'est pas si mal que ça. Je ne veux pas critiquer les joueurs dans l'équipe mais il faut une hiérarchie dans une équipe - Manu Brochot disait tout le temps "pas de hiérarchie = anarchie" - et on ne peut pas se contenter d'ajouter des noms. Il faut des titulaires et des remplaçants. Et là on a quelque fois l'impression, comme sur le poste 1 et le poste 4, de ne pas savoir qui est le titulaire et qui est le back-up. C'est un peu compliqué.

J'avais dit en fin de saison dernière à Daniel Perez qu'avec les trois descentes, il ne fallait pas se tromper sur le recrutement. Je lui avais aussi dit que Marcquise Reed - ce n'est pas parce qu'il vient de Clemson (NCAA) et que j'aime bien les gens de Clemson - deviendrait un gros joueur. C'est un gros joueur d'avenir. Après je pense que (Justin) Carter n'est pas si mal que ça, (Ian) Miller peut jouer, (Johndre) Jefferson est un bon joueur aussi. Il y a peut-être des erreurs qui ont été faites.

Sur l'axe 1-5 ?

L'axe 1-5 c'est compliqué, le poste 4 aussi. On ne peut pas demander à (Olivier) Cortale et à Steeve Ho You Fat d'être des joueurs dominants de Jeep ELITE, ils ne l'ont jamais été. Ce sont des joueurs vaillants, qui ont du talent et qui sont certainement de très bons joueurs. Mais c'est compliqué. De même quand vous prenez un pigiste médical sur Ferdinand Prénom, que c'est Jefferson alors que dans le même temps vous signez Joe Burton pour la saison... Ce sont des choses qui m'interpellent un peu. Que vous prenez Joe Burton comme pigiste médical de Ferdinand Prénom et que vous prenez Jefferson à l'année, ça me semble cohérent. De l'autre côté, cela me semble peu cohérent. Ce n'est pas comme ça que je l'aurais fait mais bon, je n'ai pas à juger.

"Il ne faut pas croire qu'un jeune coach va révolutionner le basket"

Dans une saison comme celle-ci avec trois descentes, pour vous, il aurait fallu prendre moins de risques, en tablant sur des joueurs plus référencés dans la division ?

Oui je pense qu'il aurait peut-être fallu - quitte à conserver l'effectif de joueurs formés localement (JFL), ce qui n'est pas du tout idiot d'ailleurs - coupler ces JFL avec des joueurs qui ont un peu plus l'habitude du championnat. Après... Tout le monde disait au début du championnat, et vous les premiers, que l'on voyait Roanne dans la charrette. Au vu des derniers matchs, ils ont moyen de s'en sortir.

Oui l'équipe semble plus compétitive...

Vous savez quand vous mettez un coach novice, qui n'a jamais coaché de sa vie, à la place de Laurent Pluvy qui a un peu d'expérience... effectivement il y a eu une réaction des joueurs. On verra sur la durée. Je ne suis pas en train de critiquer Maxime Boire ou qui que se soit, je dis simplement qu'il ne faut pas croire qu'en prenant quelqu'un qui n'a jamais coaché, il va révolutionner le basket et être dix fois meilleur que Laurent Pluvy. Ça ne marche pas comme ça dans la vie.

On a l'impression que son éviction ne vient pas que des résultats sportifs, qu'il y a eu "des soucis de personnes", comme avec le directeur sportif Raphaël Gaume.

Ça ce n'est pas à moi de vous en parler... Raphaël était mon assistant à l'époque quand je suis arrivé à Roanne.

Vous dîtes qu'il y a quand même qu'il y a moyen d'arriver à se maintenir en Jeep ELITE. C'est aussi parce qu'il y a d'autres équipes faibles dans le championnat, non ?

Oui. J'ai vu les premiers matchs (de Roanne) qui étaient un peu inquiétants. Je pense que le match qu'ils ont gagné contre Orléans, ils ont été bien moins bons que des matchs qu'ils ont perdu. Le jeu proposé par certaines équipes me fait dire qu'ils ne sont pas complètement morts.

Mais vous regardez tous les matchs de Roanne, sans exception ?

Je regarde tous les matchs que je peux.

On parlait tantôt de Marcquise Reed. C'est typiquement le genre de joueur que vous appréciez non ? Est-ce qu'il y a d'autres joueurs qui sont arrivés en Jeep ELITE dont vous appréciez le profil ?

Oui, il y en quelques uns qui sont dans des équipes qui ne marchent pas très bien. Marcquise Reed me semble vraiment intéressant, je ne pense pas me tromper en disant qu'il a un bel avenir. Un client comme (Marcus) Thornton de Chalon, j'aurais bien aimé travailler avec lui. Je l'avais contacté à l'époque quand j'y étais. Comme Ronald Roberts, il avait même un pré-contrat signé avec Chalon avant de signer en NBA même s'il n'avait pas de contrat garanti. Jaron Johnson, j'avais également contacté son agent, mais il était parti en NBA à l'époque. Paul Stoll qui a signé à Limoges, c'est un fort joueur que je connais très bien. Il n'est peut-être pas prêt encore car il n'a pas joué depuis longtemps. Ce sont des joueurs avec qui je pense cela aurait pu fonctionner.

Les joueurs, il faut aussi les respecter en leur demandant ce qu'ils savent faire. Il faut plutôt proposer des systèmes de jeu adaptés aux joueurs que l'on a plutôt que d'imposer ses systèmes de jeu. Cela a toujours été ma philosophie que d'essayer d'utiliser les joueurs que j'ai avec leurs qualités et d'adapter les systèmes que j'ai - c'est pour ça d'ailleurs que je changeais très souvent - plutôt que d'essayer d'adapter les joueurs dans mon système. Après... chacun a ses idées. Je n'ai jamais été le meilleur défenseur de France, par contre nous avons été très souvent la meilleure attaque du championnat. Pas à chaque fois, mais pas loin.

"A Chalon en 2018/19, on a rempli l'objectif"

Finalement, l'équipe de l’Élan Chalon de cette année vous aurait peut-être permis de faire quelque chose de sympa.

Je pense, oui. J'ai passé six ans à Chalon. On a fait quatre bonnes saisons, très bonnes saisons, dont une exceptionnelle. On a fait il y a deux ans une mauvaise saison, de ma faute, du fait que j'avais recruté Adam Smith comme meneur et qu'il n'était pas meneur. Malheureusement à cette époque là on était incapable de trouver un meneur, il n'y avait pas un (il répète) meneur sur le marché contrairement à cette année. Lorsqu'on a trouvé Nate Wolters on fait 8 victoires en 10 matchs ou quelque chose comme ça donc on s'en est sorti. Effectivement cette saison n'était pas bonne. Par contre quand on dit que la saison dernière n'était pas bonne... J'avais comme objectif un maintien confortable en intégrant les jeunes. Je pense qu'on l'a fait. On avait des joueurs blessés, (Ousmane) Camara, (Juan) Palacios, qui n'ont jamais été remplacés. Si on avait vraiment voulu chercher les playoffs, on aurait renforcé le secteur intérieur et la mène peut-être. On ne l'a pas fait car l'objectif c'était le maintien. On a joué avec Etienne Ca, Mathis Dossou-Yovo, Babacar Niasse, Assane Ndoye... Donc on ne peut pas dire qu'on a fait une mauvaise saison quand l'objectif est rempli. Si on avait comme objectif la saison dernière de faire les playoffs, on pourrait clairement dire qu'on a fait une mauvaise saison.

Est-ce qu'il n'y a pas eu un tournant au mois de novembre avec une série de défaites, du coup une dynamique négative, qui s'est accentuée avec votre suspension ?

Oui, c'est vrai. Si vous regardez le nombre de matchs que l'on a perdu d'un ou deux points la saison passée, c'est incroyable. Je n'ai jamais vu ça de ma vie. C'était un truc de fou. Autant l'année d'avant, mea culpa sur le recrutement. Autant la saison dernière avec l'effectif qu'on avait et les blessés, ce n'est pas honteux la saison qu'on a fait. Regardez l'effectif de la saison dernière et l'effectif de cette année. Ce n'est pas la même chose (rires).

Actuellement, on a l'impression qu'il y a trop de jeunes dans le groupe professionnel (quatre sur treize éléments)... Tous ne jouent pas. N'est-il pas difficile de tous les aligner en même temps ?

Cette année, je ne sais pas quel objectif donne le président au coach. J'ai cru comprendre qu'il fallait redorer le blason de Chalon... à croire que Chalon était devenu (il coupe), je ne sais pas. En 2017, je pense qu'on a redoré le blason comme il le fallait. Enfin, peu importe. Je pense que Mathis Dossou-Yovo est un bon joueur de basket et qu'il sera un jour un très bon joueur de basket. Etienne Ca a un profil un peu à la Clint Capela. Il joue face au cercle, sur la vitesse et les alley-oops. C'est aussi quelqu'un en devenir. Babacar Niasse c'est quelqu'un que je voulais prendre avec les pros il y a déjà deux ans. On m'a dit qu'on ne pouvait pas car il allait à l'école. Mais il a un physique intéressant. Hugo Besson a du talent. Il n'a pas pu s'entraîner avec nous la saison dernière car il était souvent blessé et qu'il avait également école. Mais déjà l'année dernière, Mathis Dossou-Yovo était content, il jouait, beaucoup plus que cette année. Il avait une présaison exemplaire. Voilà quelqu'un qui a sa place en Jeep ELITE, en rotation pour le moment, et qui aura sa place – j'en suis sûr – à l'avenir en titulaire.

"Essayer de faire un truc qui n'a jamais été fait en France"

Il y a beaucoup de gros clubs qui ont des difficultés cette saison. Comment l'expliquez-vous ?

Je n'aime pas trop m'exprimer là-dessus. […] Je suis un amoureux de l'attaque et des systèmes de jeu offensifs. On était la meilleure attaque du championnat, vous le savez. En 2017, on a été capable de défendre en playoffs. Je pense que la défense c'est plus une question de volonté. Il y a 80% de volonté, 20% de technique. En attaque, on voit vraiment ce que le coach peut amener à ses joueurs. Il n'y a pas de secret, quand vous voyez des joueurs qui fonctionnent avec un coach, c'est que le coach a peut-être réussi à tirer un peu plus d'eux que les autres. C'est ce qui m'intéresse en tout cas, en plus qu'ils soient bons, contents sur le terrain et qu'ils fassent plaisir aux spectateurs. C'est ça que j'aime dans le basket. Oui, il y a un renouveau avec les jeunes coachs. Mais j'ai (enregistré) tous les systèmes de jeu de ce qu'il se passe actuellement et je n'ai rien vu de bien nouveau.

Même le fait qu'on voit des Spanish Pick & roll partout et tout le temps ?

Les Spanish Pick & Roll, cela ne date pas d'aujourd'hui quand même (rires). On le faisait déjà il y a 3, 4, 5 ans ! Pick the picker avec un écran dans le dos, ce n'est pas nouveau. Regardez les matchs avec (Marc) Salyers par exemple.

Il faut dire qu'aujourd'hui les images voyagent facilement. Les coachs regardent les matchs d'Australie à la NCAA, il y a une uniformisation du jeu...

Il y a une dérive qui est arrivée. On en parlait avec Jacques Monclar quand il était moins occupé. On est arrivé à un moment donné où c'était pick & roll dans l'axe, pick & roll à 45° à droite puis à gauche et voilà. Les back picks (écrans dans le dos), tout ça on en voyait plus. Ça commence à revenir un peu. C'est par vague. Le basket ça ne se limite pas qu'au pick & roll dans l'axe. Moi j'aime bien avoir en attaque, du pick & roll c'est sûr, mais aussi des back picks, des picks the picker, des systèmes d'alley-oop pour faire venir 500 spectateurs au prochain match. Après il faut avoir les joueurs pour le faire. Il y a certains coachs qui ont les joueurs pour le faire et qui ne le font pas.

C'est ma vie, c'était ma vie, ça ne l'est pas en ce moment. Peut-être que ça va revenir, il faut être patient. Je vous ai dit tout à l'heure que j'ai un but ultime dans ma vie avant d'arrêter : c'est essayer de faire un truc qui n'a jamais été fait... Faire trois titres avec trois clubs différents (sourire). On est deux à avoir gagner deux titres avec deux clubs différents, Vincent Collet et moi. C'est mon but. J'espère que je ne vais pas mourir avant, parce que j'ai la passion du basket encore, parce que j'ai encore envie...

Un titre en Jeep ELITE j'imagine... pas en-dessous ?!

Ah oui ! J'ai encore envie, j'aime le basket, j'aime les matchs, j'aime quand c'est chaud. Je fais tout pour me tenir au courant, être prêt si on faisait appel à moi. Je pense encore être capable d'apporter et faire plaisir aux gens quand ils viennent aux matchs. Je ne serais pas capable, je vous le dirais. Je tiens encore la route, je fais encore mes 100 pompes tous les jours et mon heure de muscu. Je suis encore là et j'espère avoir la chance d'avoir une équipe encore un jour, avec un projet intéressant.

LA DEUXIEME PARTIE A LIRE CE VENDREDI

05 décembre 2019 à 14:15
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