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LA FIN DU LONG VOYAGE DE L'AMIRAL : AMARA SY VA PRENDRE SA RETRAITE

Crédit photo : Sébastien Grasset

Figure majeure du championnat de France depuis le début du siècle, Amara Sy s'apprête à quitter les parquets. Le capitaine du Paris Basketball nous a confirmés qu'il allait mettre un terme à sa carrière à la fin de cette saison.

Quand un joueur marquant arrête, il est coutume de dire qu'une page se tourne. Mais quand il s'agit d'Amara Sy, on ne parle alors pas de page, ni même de chapitre. À 40 ans, engagé dans sa 23e saison professionnelle, l'Amiral s'apprête à jeter l'ancre. Certainement le joueur le plus emblématique de l'histoire contemporaine de la Ligue Nationale de Basket, l'intérieur parisien nous a confirmés ce qu'il a sous-entendu à CNews : il vit actuellement les tous derniers mois de sa carrière, avec la volonté de dire stop à la fin de cet exercice 2021/22.

« Déjà, je ne m’attendais pas du tout à faire une carrière aussi longue. A la base, quand j’ai commencé, je ne m’attendais même pas à faire une carrière. Plus de 22 ans de basket professionnel, je suis béni ! J’en suis conscient et c’est pour ça que j’en profite chaque jour. »

Et dire que sans un déménagement à Cergy à l'âge de 10 ans, Amara Sy n'aurait peut-être jamais touché un ballon de basket. Auparavant, dans son quartier de Pigalle, il ne pensait qu'au foot. Puis vint la découverte des playgrounds dans le Val-d'Oise et la première licence à l'âge de 14 ans. « Au début, je n’étais pas dans le cinq, en départemental, c’est pour dire mon niveau », racontait-il à Basket Le Mag en 2017. Mais ses progrès sont fulgurants et, après avoir transité par Rueil-Malmaison, il se retrouve dans les radars de l'ASVEL.

Un enfant de l'Astroballe...

Lyon-Villeurbanne, ou le premier vrai déracinement pour l'aîné des Sy. « J’ai appris trop de choses là-bas », nous disait-il en 2020. « J’ai évolué. Avant j’étais dans mon truc : basket, quartier… pour te dire, je ne savais même pas où était situé Lyon sur la carte quand je suis arrivé, tu imagines un peu ?! (il rit) J’ai appris à m’ouvrir aux autres et à échanger. »

De fait, l'ASVEL restera l'éternel fil rouge de sa carrière : quatre passages, un premier match en pro en... 1999 (le 6 novembre contre Antibes), un titre de champion de France Espoirs en 2000, une mise sur orbite par Bogdan Tanjevic, une Coupe de France (2001), deux titres de champion (2002 et 2009) et le trophée de MVP de la finale en 2009 (10 points, 8 rebonds, 4 contres et 3 passes décisives contre Orléans). Une saison 2008/09 qui l'a marqué comme celle avec la plus grosse équipe de tout son parcours... « C’était vraiment une année où tu savais que si chacun faisait son taf, on allait gagner. Même si on n’était pas adroit, on avait une très très grosse défense qui faisait la différence. On avait Vincent Collet en chef d’orchestre ; beaucoup de joueurs de talent (J.R. Reynolds, Chevon Troutman, Ali Traoré, Benjamin Dewar, Eric Campbell), et des leaders avec un gros QI basket comme Aymeric Jeanneau et Laurent Foirest, ça aussi ça aide beaucoup. »

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Amara Sy dans sa maison verte villeurbannaise
(photo : Sébastien Grasset)

... devenu le parrain du championnat de France

Mais s'il restera l'enfant de l'Astroballe, Amara Sy a aussi réussi à faire l'unanimité partout ailleurs où il est passé. Au Mans, entre 2002 et 2005, Vincent Collet a su le canaliser et il y est devenu All-Star, s'adjugant une deuxième Coupe de France (2004) au passage. À l'AEK Athènes, en 2007/08, il réalisera une grosse première saison à l'étranger, au point également de s'inviter au All-Star Game grec. En deux ans à Orléans, de 2010 à 2012, il se relancera du passage le plus déprimant de sa carrière (D-League, bas-fonds de la Liga Endesa, première saison médiocre dans le Loiret), bien aidé par Philippe Hervé, au point de passer tout proche d'offrir à l'OLB son premier sacre national en 2012 au terme d'une demi-finale polémique contre l'Élan Chalon.

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Orléans 2011/12, le grand regret ?
(photo : Sébastien Grasset)

À Monaco, il crédibilisera le projet de la Roca Team en s'imposant comme le premier gros nom attiré par le projet de la Principauté. Les trois Leaders Cup glanées brillent dans le palmarès mais les regrets de ne pas avoir remporté un troisième titre de champion de France restent... Enfin, au Paris Basketball, il prendra le risque de partir à la découverte de la Pro B mais sera récompensé par une accession et il y restera peut-être aussi comme le premier membre marquant de l'un des projets les plus ambitieux du championnat. « Je ne me voyais pas jouer en Pro B », avoue-t-il à CNews. « Mais quand ils m’ont expliqué leur projet, j’ai vu leur ambition et la possibilité de revenir au bercail. Je n’ai pas hésité et je ne regrette pas. On devait monter en trois ans, on l’a fait en deux saisons. [...] Depuis le début de saison, on constate un engouement pas négligeable autour du club et pourtant on n’est pas le seul club parisien. En peu de temps on a réussi à créer une identité forte. »

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L'Amiral fut l'un des premiers à mettre en orbite le projet monégasque
(photo : Sébastien Grasset)

Touche-à-tout

S'il a pris le titre officieux de parrain de la Pro A, c'est aussi parce qu'il fut partout. Le septuple All-Star a évolué sur tous les terrains, des playgrounds (champion du monde de un-contre-un en 2004, quintuple vainqueur du Quai 54, champion de France 3×3 en 2017) jusqu'aux coulisses. L'international malien est devenu le président du Syndicat National des Basketteurs, un rôle qui l'a promu en première ligne au moment de la fin de saison agitée en LNB, et des Spartiates de Cergy-Pontoise, son club d'enfance, désormais en Nationale 1 avec l'envie d'aller voir plus haut à terme.

De fait, quand il raccrochera au printemps, idéalement avec un maintien du Paris Basketball, Amara Sy restera certainement sous les feux des projecteurs, lui qui devrait même endosser un autre costume dans le projet de David Kahn. Et l'on pourra alors raconter à la prochaine génération à quel point il fut un joueur complet des deux côtés du parquet, inarrêtable à ses plus belles heures dans sa zone préférentielle, à la longévité admirable, grâce notamment à sa capacité à se réinventer entre les postes 3 et 4. Soit le profil parfait pour un candidat à un éventuel futur logo de la LNB ?

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Une silhouette et un surnom qui resteront
(photo : Sébastien Grasset)

Son parcours :

  • 1999/02 : ASVEL
  • 2002/05 : Le Mans
  • 2005/07 : ASVEL
  • 2007/08 : AEK Athènes (Grèce)
  • 2008/09 : ASVEL
  • 2009/10 : Bakersfield Jam (D-League)
  • 2010 : Murcie (Espagne)
  • 2010/12 : Orléans
  • 2012/15 : ASVEL
  • 2015/19 : AS Monaco
  • 2019/22 : Paris Basketball
20 janvier 2022 à 17:06
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