NCAA

2019/20, LE DÉCOLLAGE D'AIR (YVES) PONS ?

Yves Pons EDF
Crédit photo : FIBA

Avec Pierre Migout de la Team Envergure, coup de projecteur sur Yves Pons, prospect français de la génération 1999. Une occasion de faire un tour sur les points forts et les points faibles du poste 3/4 des Volunteers de l'université du Tennessee.

Spectateur attentif de la Southeastern Conférence pour la Team Envergure, Pierre Migout a vu de nombreux matchs de Yves Pons cette saison. Ensemble, nous sommes revenus sur le parcours du Bucco-Rhodanien puis sur ses points forts et points faibles avant d’aborder ses chances à la Draft.

Un parcours à l’américaine

Comme Joël Ayayi, Kilian Tillie ou d’autres prospects français, Yves Pons a lui aussi fait le choix d’étudier aux États-Unis en NCAA. Après un cursus complet au Centre Fédéral, il s’est engagé avec la fac de Tennessee malgré des propositions d’autres facs comme Texas Tech ou encore Florida. Ce poste 3/4 très physique est vite devenu un élément fort des sélections françaises jeunes, après avoir créé la sensation lors des Tournoi Inter Ligues (TIL) en U15. Yves Pons ne connaît pas ses parents biologiques, il a été adopté 4 ans, lui le natif d’Haïti. Il n’était pas destiné à faire du basket mais ce sont les remarques de son entourage sur « sa grande taille » idéale pour le basket qui l’ont incité. Désormais en troisième et avant-dernière année universitaire (junior), il a réalisé sa meilleure saison de sa carrière avec un statut de titulaire. Bloqué les saisons précédentes par Admiral Schofield et Grant Williams, deux actuels NBAers sur son poste, il peinait à s’illustrer avec un temps de jeu très faible. Cette année, il affiche des statistiques de gros calibres chez les Volunteers avec 10,8 points à 48,9% de réussite aux tirs, 5,4 rebonds, 1,1 passe décisive et 2,4 contres, le tout en 34 minutes de jeu en moyenne. Il a donc décidé de se présenter à la Draft avec la possibilité de revenir sur sa décision et de revenir sur le campus de Knoxville pour jouer son année senior.

Chez les Bleuets, il a été champion d’Europe U16 (avec un an d'avance) en 2014 en Lettonie où il avait un rôle de remplaçant (il ne jouait que 10 minutes par match). Par la suite, il a réalisé une Coupe du Monde U17 dans sa classe d'âge (malgré un temps de jeu limité à cause de ses soucis physiques) qui lui permis d'attirer les regards grâce à ses 10 points de moyenne en 16 minutes mais surtout ses dunks légendaires. De quoi attirer davantage l’attention des scouts NBA malgré la sixième place de l’Équipe de France, sortie en quart de finale après double-prolongation contre la Lituanie. Sa dernière compétition européenne date de 2019 avec l’Euro U20, une compétition décevante avec seulement 2,6 points par match. Mais si son apport offensif n’a pas été conséquent, son apport défensif a été impressionnant. Il a mis en avant ces qualités lors du match opposant la France à l’Israël où il a tenu tête à Deni Avdija, potentiel top 10 de la prochaine Draft et joueur d’EuroLeague, malgré une défaite des Bleuets.

Une saison décevante collectivement ?

Une saison un peu difficile pour « les Vols », après avoir vu Grant Williams et Schofield se faire drafter, les Vols ont perdu après 11 matchs leur meneur titulaire Lamonte Turner et du coup ont fait venir l’Uruguayen Vescovi à la mène. Donc le décevant est à relativiser.

Néanmoins, il y a eu de belles performances comme ce come-back face à Kentucky sous l’impulsion du duo Fulkerson et Pons le 4 mars dernier.

À noter et c’est important que Yves Pons cette année a joué aun poste 4 essentiellement mais aussi 5 par séquence. De fait Tennessee n’avait pas de vrai big men et donc coach Barnes a souvent associé dans la raquette Fulkerson et Pons.

Ses points forts

Même si on ne le voit pas jouer, une chose saute aux yeux, Yves Pons est un monstre physique hyper athlétique, « ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme « Air Pons », un combo entre explosivité et vitesse ++ », rappelle Pierre Migout de l'équipe d'Envergure, média spécalisé sur les prospects.

Cette saison, il a réalisé des progrès à 3-points en passant de 28% à 35% en termes d’adresse extérieure. Offensivement, il est aussi efficace en jeu de transition ou quand le jeu est au mouvement. Il est ce que beaucoup appellent un energizer tant il apporte son énergie des deux côtés du terrain.

De l’autre côté donc, il a une grosse activité défensive. Il a d'ailleurs été élu comme le meilleur défenseur de sa conférence. « Il excelle en second rideau lorsqu’il s’agit de monter au contre, très actif sur le porteur de balle, et plutôt de bons placements sur la défense non porteur de balle », décriptep Pierre Migout. Mais surtout, il vous suffit de chercher une mixtape de Pons pour savoir qu’il a « un sens du contre inné », 2,4 de moyenne, c’est très bien surtout quand on ne fait « que » 198 centimètres. La chance pour lui d’être à l’université est d’être coaché par « Coach Barnes » qui loue « l’éthique de travail » du prospect français.

 

 

Ses points faibles

On parle de sa vitesse et de son explosivité mais Yves Pons « a beaucoup de mal à exister offensivement lorsque le jeu ralentit et devient demi-terrain ». Ce mal a été flagrant lors du championnat d’Europe U20 de l’été dernier.

Sa palette offensive comporte quelques lacunes avec un jeu de passes « assez scolaire » et il se montre parfois en difficulté sur la ligne des lancers-francs avec seulement 64% de réussite.

Si sa vitesse est un avantage, dès qu’il est arrêté, il devient moins menaçant notamment en « 1 contre 1, un problème de lecture ou de handle ? ». Si Pons a joué 4 toute la saison, il ne paraît pas assez technique et organisateur pour jouer 3 mais « assez léger » pour jouer 4 à plus haut-niveau, 94kg c’est peu surtout quand on sait qu’un Blake Griffin en fait 114. Son âge peut aussi poser question pour sa potentielle draft. 21 ans, c’est jeune évidemment « mais on peut lui préférer des joueurs plus jeunes lors de la prochaine draft »

Ses chances pour la Draft

Après un Euro U20 plutôt raté d’un point de vue individuel, les scouts ne donnaient plus vraiment cher de la peau d’Yves Pons. Pour autant, sa bonne saison lui a permis de remonter dans les mock Draft au fur et à mesure des mois écoulés. Le joueur aime se comparer à Kawhi Leonard, l’ailier des Los Angeles Clippers. Mais aujourd’hui, on devrait davantage le comparer à Derrick Jones Jr qui évolue au Miami Heat. Les deux joueurs ont la même taille, le même poids, des qualités athlétiques semblables et ont une main gauche dominante. Concernant sa Draft, il pourrait être appelé en milieu-fin de deuxième tour même si le joueur peut encore retirer son nom. S’il est drafté, Yves Pons pourrait avec beaucoup de travail devenir un back-up « 3 and D », reste à continuer d'améliorer son tir à 3-points. Certaines incertitudes règnent sur son niveau de jeu encore aujourd’hui car le joueur a franchi un cap avec Tennessee mais en cas de Draft, comment arrivait-il à s’adapter à une nouvelle équipe, que ce soit G-League ou en NBA. Affaire à suivre.

30 mai 2020 à 10:36
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