NCAA

ITW ALEXANDRINE OBOUH FÉGUÉ : "JE DONNERAI TOUT POUR MA DERNIÈRE SAISON EN NCAA"

Alexandrine Obouh Fégué Virginia Tech
Crédit photo : Virginia Tech

De l'ACS Buzançais à Virginia Tech, retour sur le parcours d'Alexandrine Obouh Fégué.

Depuis sa première licence à l'ACS Buzançais (Indre), Alexandrine Obouh Fégué a parcouru du chemin. Châteauroux, Bourges, le Centre Fédéral... Après une saison en LFB au C.O.B Calais, elle a choisi de traverser l'Atlantique. Deux saisons de JuCo plus tard, direction la NCAA et le parquet de la prestigieuse Université de Virginia Tech, qui évolue dans la conférence ACC.

Comment es-tu passée de Calais à Virginia Tech il y a deux ans ?

Un recruteur a vu une vidéo de moi lors des Championnats d'Europe 3x3 et , tout est parti de là. Il est venu me superviser lors d'un match LFB et au terme de la saison j'ai pris l'avion pour les Etats-Unis après l'obtention de mon bac, condition sine qua none à mon départ.

Je me suis retrouvée en Junior College à Chipola en Floride la première année en Division I, dans la « Panhandle Conference ». Sur le plan scolaire, j'ai été nommée parmi les 50 meilleures élèves de l'Etat. Pour ma seconde année, j'ai été tranférée à EFSC (Eastern Florida State College) toujours en Division I mais dans une conférence différente, la « Mid-Florida Conférence ». J'ai pu me révéler sous la houlette d'une super coach, Melissa J. Baker (qui est aussi la femme de Ganon Baker, célèbre coach YouTubeur, NDLR). Ce fût une excellente année autant sur le plan sportif que scolaire :  18,8 points et 12,2 rebonds de moyenne sur 9 matchs avec 8 doubles-doubles à la suite.  J'ai également été nommée dans la troisième équipe idéale à l'échelle du pays. L’une de mes meilleures années, sur le plan humain et sportif.

Après cette saison, j'ai été sollicitée par une quarantaine d'Universités dont UCLA, Minnesota, Texas Tech... J’ai finalement retenu Virginia Tech car le coach m'avait repérée dès ma première année à Chipola et me voulait absolument dans son programme.

Tu es arrivée "redshirt" la saison passée ? Peux-tu nous expliquer ce que signifie ce statut ?

A Eastern, lors de ma deuxième année scolaire, on s'est aperçu que je n'avais pas les crédits nécessaires donc que j'étais non-éligible pour accéder à l'université, je devais faire une année blanche (redshirt). Je suis restée six mois de plus à Eastern afin d'être diplômée et en décembre puis j'ai intégré Virginia Tech où j'ai continué mon cursus scolaire.

N'ayant pas le droit de jouer, je participais à tous les entraînements, à la vie de l'équipe ce qui m'a permis de m'intégrer au groupe. J'ai vu ainsi la différence d'intensité des entraînements,  je ne pouvais participer qu'aux matchs à domicile et sur le banc j'analysais et prenais des notes sur mes futures adversaires. J'avais une grande frustration de ne pouvoir être sur le terrain.

Sans oublier les cours, un campus immense avec 34 000 étudiants, des classes plus difficiles. J'ai pu m’adapter scolairement afin de valider mes classes et ainsi être éligible.

"Je devais travailler dur pour arriver à être performante sur des courtes périodes"

 Comment s’est déroulée cette saison 2019/20 ?

Pour mon retour à la compétition, après une très bonne reprise, ma saison a été gâchée par une vilaine blessure survenue au cours d'un entraînement. Une fissure du radius de la main gauche m'a tenu éloignée du terrain durant 8 semaines, me faisant rater la première moitié de la saison. Par conséquent, j'ai eu un temps de jeu très réduit à mon retour de blessure. Ce fut difficile, compliqué de regagner ma place dans une équipe qui gagnait et qui tournait bien pendant les matchs de conférences. Le plus dur n'était pas forcément le faible temps de jeu mais l'irrégularité : tu ne sais pas quand tu vas jouer. Il faut travailler au quotidien pour essayer d'être bon et performant sur ces courtes séquences.

Cela m'a permis d'apprendre encore, la rage de continuer à travailler. C'est ce qui fait de moi une compétitrice.

Tu as fait un cursus au Centre Fédéral avant de partir à Calais, quelles sont les similitudes et les différences sur le plan des structures, du scolaire et des entraînements ?

Les structures : Disponible à tout moment, une salle d'entraînement idem qu'au Centre Fédéral, une salle de compétition d'une contenance de 9 000 places dont environ 2 000 spectateurs pour les filles contre 50 au Centre Fédéral, une salle de musculation hi-tech. Des managers très disponibles à tout moment pour ouvrir la salle, prendre les rebonds, ramasser les ballons... toute la logistique est à notre disposition.

Des vestiaires nominatifs intégrant, une salle de réunion pour scouter les matchs avec tout le confort d'un salon avec TV et possibilité de se restaurer, ce qui permet aux sportifs de se retrouver, se détendre passer du temps avant les entraînements et les matchs. C'est inexistant au Centre Fédéral.

Scolairement : A Virginia Tech les cours se déroulent en ligne mais aussi en amphithéâtre avec une pédagogie basée sur la communication. Le premier semestre « fall » (automne) débute mi-août et dure jusqu'à mi-décembre, le deuxième semestre « spring » (printemps) commence mi-janvier et se poursuit jusqu’à mi-mai ensuite. Il y a les cours d’été « summer 1 » (été 1) et « summer 2 » (été 2) qui durent 3 semaines. Les classes varient à chaque semestre tout en continuant dans la spécialité choisie.  

Les étudiants sportifs ont un tuteur (étudiant) qui leur est attribué pour chaque matière, ils bénéficient également de temps d'étude obligatoire. Des "advisors" (conseillers) sont là pour superviser le travail de tous les étudiants athlètes, planifier leur emploi du temps, les rendez-vous avec les tuteurs, contrôle des notes et  en contact direct avec les coaches afin de veiller à l'éligibilité du sportif, règlement NCAA oblige.  Lors des déplacements (parfois 3/4jours) on reste toujours en contact avec nos professeurs pour éviter tout retard sur les cours, les devoirs et ne rater aucun examen. 

"Même à ce niveau, la compétition est omniprésente ! ! "

Les élèves méritants sont mis à l'honneur autant pour leurs résultats scolaires que sportifs.

Une moyenne individuelle puis générale par section sportive permet un classement sur l'ensemble de l'université.

C'est ainsi que, grâce à mes résultats scolaire, j'ai été mis a l'honneur deux fois « Honneur Role » et d'être présentée à la mi-temps du match de football américain de l’université devant 66 000 spectateurs, et le match de basket masculin devant 9 847 personnes.

Les entraînements basket : Un entraînement par jour, on peut commencer à 6 h l’été pour la préparation physique : musculation. En temps normal c'est en début d’après-midi après les cours. Les séances peuvent durer 3 à 4 h avec la présence de tout le staff technique.

Le coach en chef, 3 assistants, des partenaires d’entraînement masculins, le préparateur physique, la kiné ( 2 étudiants en kinésithérapie), le responsable logistique, le responsable de la communication, le responsable des réseaux sociaux. On a également 6 managers chargés de préparer la salle avant l’entraînement, ils gèrent le chrono, prennent nos rebonds, nettoient la salle, nos tenues, les rangent dans nos vestiaires afin que tout soit prêt pour le lendemain, idem les jours de matchs. Possibilité d'avoir des entraînements personnalisés en prenant rdv avec les assistants ou le coach en chef.`

Ton développement à Virginia Tech est plus sur le poste 4 ou le poste 5 ?

Mon poste naturel serait le poste 5 mais le coach souhaite me faire évoluer en 4 pour une plus grande polyvalence. Le fait d'être ambidextre ajoute une plus-value à mon jeu en vue de la saison à venir.`

Quels sont tes objectifs pour la saison prochaine justement ?

Ce sera ma dernière année (en NCAA),  je suis vraiment concentrée sur moi-même pour être la meilleure possible, que cette cinquième et dernière année Universitaire soit la plus aboutie possible. Après on verra ce que cela m'apportera en terme d'opportunités.

Tu es actuellement aux Etats-Unis. Comment cela se passe pour toi durant le confinement ? Penses tu revenir en France cet été ?

Actuellement aux Etats-Unis, confinement oblige, je n'ai aucune activité physique, uniquement une activité cérébrale au travers des cours en ligne. J'espère pouvoir revenir en France dans le courant du mois de mai, en fonction de l'évolution de la pandémie.

 

01 mai 2020 à 11:31
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